Fantasy & Science-fiction

  • Xemas et Hoas se sont déchirés dans une guerre sanglante. Un traitement révolutionnaire offre un espoir dont pourrait bénéficier l'humanité.À Johannesburg, deux adolescents regardent chaque soir des gynoïdes se jeter dans le vide jusqu'à ce que l'une d'elles les appelle à l'aide.Jay, fou amoureux de Rita, soutient que si elle a un comportement étrange c'est parce qu'un « meurtrier du futur » lui a logé une balle dans le crâne.En Chine, où le pouvoir ne tolère aucune rébellion, un développeur de jeux vidéo et son équipe sont la cible de terrifiantes abeilles tueuses.Une jeune scientifique rencontre une femme dont la repoussante physionomie est liée à sa mémoire absolue.Cinq nouvelles donnent le prétexte à une exploration des dysfonctionnements de nos sociétés.
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    Project Itoh, Yûsuke Miyauchi, Toh EnJoe, Taiyô Fujii et Hirotaka Tobi sont les représentants emblématiques de la génération des écrivains japonais de SF publiés à partir de l'an 2000. La Machine à indifférence est déjà parue dans la revue Galaxies. Taiyô Fujii a été découvert par le public français avec Nuage orbital (Atelier Akatombo 2018).

  • Shining in the dark

    Collectif

    À l'occasion des vingt ans de Lilja's Library, l'un des sites de référence sur l'oeuvre de Stephen King, son responsable, Hans-Åke Lilja, a fait appel à la fine fleur de la littérature fantastique mondiale pour composer cette anthologie. Du King lui-même - avec un texte inédit en français - à Jack Ketchum, en passant par Clive Barker, John Ajvide Lindqvist ou Ramsey Campbell, vous trouverez dans ces pages de quoi alimenter quelques belles nuits cauchemardesques...
    Shining in the dark est inédit en français.
    Au sommaire, des textes de qualité par des auteurs talentueux :
    Stephen King
    Clive Barker
    John Ajvide Lindqvist
    Jack Ketchum, P. D. Cacek
    Ramsey Campbell
    Stewart O'Nan
    Bev Vincent
    Brian Keene
    Richard Chizmar
    Kevin Quigley
    Edgar Allan Poe
    Brian James Freeman
    Couverture de Zariel

  • Sauve qui peut, demain la santé

    Collectif

    • La volte
    • 17 Septembre 2020

    Entre futurs proches et galaxies à des années-lumière de notre XXIe siècle, Demain la santé explore la manière dont politiques de santé, technologies, marchandisation du soin transforment notre rapport au monde et donnent naissance à de nouveaux imaginaires, de nouveaux langages.
    Comment faire société quand le système de santé broie et exclut?? Peut-on rêver d'un accès aux soins universel et open source?? Et si l'insurrection était la voie vers la démocratie sanitaire, la seule réponse à la violence multidimensionnelle de nos gouvernants?? Et s'il s'agissait avant tout de réinventer notre rapport au vivant, d'aimer un nénufar ou un enfant-chat, de soigner des espèces extraterrestres déracinées, de redécouvrir, au détour d'une planète aseptisée, le lien qui se crée entre celui qui est soigné et celui qui soigne??
    Dans un monde en suspens, sur fond de crise écologique et démocratique, 15 nouvelles de science-fiction explorent les visages à venir ou oubliés du soin et de la santé, comme un nouveau souffle pour nous aider à tenir la distance et nous émanciper de la mécanique froide de la langue officielle.
    Un thème choisi en 2019, après celui du travail en 2017, pour évoquer les enjeux déjà très forts qui pèsent sur notre système de santé et que la pandémie de 2020 n'a fait hélas que mettre en exergue. À l'heure du confinement, de la distanciation sociale et de la nécessité de penser l'Après, Demain la santé ranime le souffle du combat et invite à repenser le lien qui nous attache à notre environnement intime, social et politique.

  • LE TRAVAIL QUI VIENT : thème majeur de nos sociétés occidentales, enjeu canonique des élections présidentielles, première cause de mouvements sociaux lors de la Loi El Khomri et de dossiers dans la presse. Et si la fiction s'en mêlait à son tour ?
    Entre disparition et retour au plein-emploi, les écrivains de science-fiction prennent parti.

  • « Jour inconnu. La créature rôde au gré de nos couloirs. À mesure de sa recherche de chair, elle semble gagner en intelligence. Comme si cette chasse incessante était un jeu, une source de connaissance pour elle. Je suis si fatigué ; cette fuite, cette survie dans ce centre de recherches abandonné et clos, me rend fou. Je stagne dans ma déchéance. C'était un test. Juste un test... »
    Un chercheur est-il vraiment prudent ? À vous de le lire.

  • Une porte qui apparaît une nuit dans le couloir d'un appartement. Un « visualisateur » qui traque des criminels et découvre une autre dimension. Des statues qui se confondent avec leur modèle. Une poupée à sorts en chair et en os. Une jeune femme près d'un lac aux cheveux perpétuellement mouillés...
    Voici quelques nouvelles fantastiques du XXIème siècle qui mêlent la puissance sans âge du fantastique à notre monde connecté. Elles ont été écrites pour le cinéma lors d'une résidence de création initiée par le magazine Sofilm, Canal+ et la SACEM, en partenariat avec la Région Nouvelle-Aquitaine et le Département du Lot et Garonne.
    Nouvelles de Alain Sevestre, Éric Pessan, Gaëlle Obiégly, Pierre Cendors et Xavier Mauméjean, illustrées par Adrien Demont et Élise Dupeyrat.

  • Dans les entrailles d'un paquebot transformé en palace, deux hommes pleurent la mort d'un de leurs amis en écoutant le douzième album des Beatles... qui n'a jamais existé.
    À l'atterrissage de son avion, Buddy Holly ne sait pas qu'il va participer au plus grand concert de sa vie.
    Elvis le rouge restera dans les mémoires comme l'un des plus grands chanteurs de rock et l'un des syndicalistes les plus charismatiques.
    Revenu d'entre les morts, Jimi Hendrix se paye une dernière virée avec un de ses roadies.
    Difficile de trouver un boulot quand on s'appelle John Lennon et qu'on a quitté un groupe qui a, par la suite, connu un certain succès : les Beatles.
     
    Stephen Baxter, Gardner Dozois, Jack Dann, Michael Swanwick, Walter Jon Williams, Michael Moorcock et Ian R. MacLeod nous offrent cinq nouvelles où le rock'n'roll est roi, cinq textes mettant en scène des icônes de la musique du XXe siècle, cinq alternatives à notre triste réalité.

  • Dark crystal

    Collectif


    Adapté du film culte. Le dénouement de la prophétie, La continuité de la série télévisée !

    L'Apocalypse est imminente. Le Cristal, brisé, est au coeur d'une querelle immémoriale entre les mystiques urRus et les perfides Skeksès. Tous les oracles concordent : la prochaine Conjonction marquera inévitablement la fin du monde tel qu'il existe. La tension est à son comble quand le grand urSu, ainsi que l'Empereur Skekès, trépassent... Jen, l'unique survivant du peuple des Gelflings, recueilli et élevé par les urRus, va se retrouver bien malgré lui au coeur de cette tourmente séculaire...
    Dans cette adaptation officielle du film culte de Jim Henson et Frank Oz, découvrez l'univers de Dark Crystal sous un jour nouveau, constellé des magnifiques illustrations préparatoires de Brian Froud et l'équipe de production, et agrémenté d'un dossier vous plongeant dans les coulisses de la novélisation de ce chef-d'oeuvre de la dark fantasy.

  • Bienvenue en Transylvanie

    Collectif

    Les vampires sont partout : romans, films, séries, c'est l'invasion ! Face à cette déferlante, neuf grands écraivains français ont accepté de relever le défi : réinventer avec originalité et humour le mythe du vampire en faisant la peau aux clichés du genre.
    Neuf nouvelles comme neuf bonnes raisons de lire ce recueil : parodique, romantique, gothique ou terrifiante, chacune nous plonge dans un univers et un imaginaire singulier... à nos risques et périls !
    INÉDIT

  • NOUVELLES INÉDITESPluies sombres, de Thierry DI ROLLOLa Petite déesse, de Ian McDONALDRUBRIQUES ET MAGAZINEObjectif Runes : les bouquins, critiques & dossiersLe coin des revues, par Thomas DayA la chandelle de maître Doc'Stolze : du mordbide américain et du mystique nippon, par Pierre StolzeParoles de Libraire : Omerveilles ouvre son coffre par Hervé Le RouxPetite conversation avec Sébastien Doubinsky, par Xavier MauméjeanAU TRAVERS DU PRISME : IAN McDONALDIan McDonald : le nouvel ordre mondial de la SF, par Thomas DayA la source du Fleuve des dieux, par Patrice LajoyeFuturoscopie : cartographie critique de l'oeuvre de Ian McDonaldBibliographie de Ian McDonald, par Alains SprauelSCIENTIFICTIONA quoi sert le boson de Higgs ? par Roland LehoucqINFODÉFONCE ET VRACANEWSParoles de Nornes : pour quelques news de plus, par Org

  • L'Asie regorge de créatures mystérieuses, tantôt espiègles, tantôt protectrices, souvent dangereuses. Serez-vous prêt à vous confronter aux tengu japonais ? A suivre une gumiho dans les rues de Séoul ? Vous laisserez-vous porter par les paroles de la kinnari indienne ? Aux côtés de nos dix-sept auteurs, partez à la découverte du continent asiatique et de toute la diversité de son bestiaire fantastique.

    Livre numérique enrichi d'illustrations (qui expliquent un poids pour le téléchargement un peu plus important)

  • 13 ans de silence, et voilà que Phénix, la revue mythique, renaît de ses cendres.

    Dans ce numéro, vous trouverez ce qui a fait son succès : la qualité des sujets, la motivation de leurs rédacteurs, des dossiers fouillés, des textes inédits, des nouvelles toujours plus délectables... et bien plus encore.

    À l'honneur dans ce numéro de la résurrection : Graham Masterton et Frédéric Livyns. Le maître et son disciple, pourrait-on dire. Ces deux artistes prolifiques nous font frémir depuis plusieurs années, toujours à la recherche de terreurs novatrices, pour notre plus grand plaisir. Deux dossiers à savourer dans l'ambiance horrifique qui leur sied si bien.

    Vous y découvrirez des nouvelles de Pierre Brulhet, Christophe Collins, Sophie Dabat, Emmanuel Delporte, Gulzar Joby, Jess Kaan, Frédéric Livyns et, inédites en français, deux de Graham Masterton lui-même ! Du suspens, des découvertes, de l'horreur... Un frémissement à chaque nouvelle page !

    Dossiers dirigés par Denis Labbé et Frédéric Livyns
    Rédacteur en chef : Marc Bailly

  • Naufragés de l'espace

    Collectif

    • Critic
    • 16 Janvier 2020

    Dans l'espace, la mort n'est pas toujours la moins enviable des situations : se retrouver à la dérive sans possibilité de se retourner, échoué sur une station spatiale abandonnée, voilà autant de sorts terribles à supporter.
    Toutefois, voyageurs et autres « aventuriers du vide » ne sont pas des gens sans ressource face à l'imprévu, l'incertitude ou la solitude. Aux dangers de l'espace se confrontent les rêves des Hommes, leurs espoirs et leurs doutes.

    Après avoir lancé une collection consacrée à P.-J. Hérault, les éditions Critic ont proposé à dix plumes actuelles de s'emparer des ingrédients qui ont fait le succès de l'auteur français et d'imaginer une histoire autour d'une thématique qui lui était chère : les naufragés de l'espace.

    Les dix auteurs :
    Luce Basseterre
    Romain Benassaya
    Emmanuel Chastellière
    David Gallais
    Thibaud Latil-Nicolas
    Camille Leboulanger
    Audrey Pleynet
    Emmanuel Quentin
    Marianne Stern
    Laurent Whale

  • NOUVELLES INÉDITESCabinessence ou la vie de Brian, de Jacques BARBÉRIWinnie l'ourson ne se pique pas, Stéphanie BENSONLe Manteau noir, de Daniel WALTHERLive At Budokan, de Alastair REYNOLDSIn the court of the Lizard King, de Jacques BARBÉRI (*)RUBRIQUES ET MAGAZINESObjectif Runes : les bouquins, critiques & dossiersLe coin des revues, par Thomas DayA la chandelle de maître Doc'Stolze : roulez jeunesse ! par Pierre Stolze Paroles de Libraire : imagine Imaginaute, par Hervé Le RouxUNIVERS CROISÉS : ROCK ET SCIENCE-FICTIONFreak of nature ou... libres variations sur le thème de jeux interdits à la guitare (électrique), par Eric HolsteinGravé sur Rock : un guide de lecture de la SF électrique et lysergiqueScience-fiction, drogue et rock and roll, par Norman SpinradLa SF est-elle soluble dans le rock ? par Jean-Marc LignyLes croisements de la SF, avec le rock psychédélique et sa descendance, par Philippe ThieyreVous avez dit... progressif ? par Richard ComballotRock & Write : interviews de David Calvo, Fabrice Colin, Thomas Day, Thierry Di Rollo, Jean-Marc Ligny, Michel Pagel, Francis Valéry (*)Rencontre avec Pink Floyd (*)Rencontre avec Genesis (*)100 albums rock et SF à écouter avant la fin du monde, par Richard ComballotSCIENTIFICTIONPrometheus : le massacre d'Alien ? par Roland Lehoucq & J. Sébastien SteyerINFODÉFONCE ET VRACANEWSParoles de Nornes : pour quelques news de plus, par OrgIn Memoriam : Boris Strougatski, par Viktoriya et Patrice LajoyeDans les poches, par Pierre-Paul Durastanti(*) Nouvelle et articles exclusifs à la version numérique aux formats ePub et Kindle, consultables également gratuitement sur le blog Bifrost.La cabine de bain était une navette spatiale, le ventre d'une géante. Il s'allongea. L'épais tapis de sol était moelleux comme un placenta. Il n'avait pas quitté cette cabine depuis deux jours... trois ? Il ne savait plus et ça n'avait guère d'importance. Bon, il n'avait plus de coke et l'héro touchait à sa fin, mais il lui restait encore un peu d'herbe et il venait de trouver un acide au fond de sa poche. Il le posa sur sa langue et éprouva une sensation bizarre. Comme s'il suçait une étoile. Il était en apesanteur. La cabine flottait dans l'espace.Il eut soudain un haut le coeur.La cabine s'était mise à tanguer.Brian mit une main devant sa bouche. Il était à deux doigts de vomir et se dit que l'espace était constitué de vide et d'étoiles. Il n'y avait pas de vagues. Pas de tempête. Il tomba à genoux. Son ventre rugissait. Bordel, Phil Spector, toujours planqué derrière son putain de mur du son, s'était débrouillé pour lui refiler un acide empoisonné !Jacques BarbériCabinessence ou la vie de Brian

  • Légendes urbaines ou venues du fond des campagnes, nos régions aussi ont leurs histoires à faire peur. En 4 nouvelles, le patrimoine lorrain est revisité par des auteurs bien décidés à secouer la littérature du terroir. Vous saurez tout des mésaventures d'une petite fille le jour de la Saint Nicolas, du vrai mystère de la bête des Vosges, ou des protecteurs de la cathédrale St Epvre.
    Les pages documentaire qui accompagnent les textes proposent un tourisme d'un nouveau genre qui, derrière ses airs inquiétants et décalés, nous rappelle les richesses du pays de la mirabelle.

  • D'après les renseignements recueillis, les jumeaux, accompagnés de leur arrière-grand-père, ont fui au temps de la Renaissance. Adria, Sir, Iref et JA-311 se doivent de les suivre, afin de les empêcher de corrompre une autre époque. Pourquoi la Renaissance? Que manigancent-ils, cette fois-ci? C'est ce que nos héros tenteront de découvrir.

    Dans ce quatrième volet, les arcs des elfes affrontent les crocs des vampires sous l'ombre menaçante du maître. Heureusement, la prophétie de Nellina, l'oracle, annonce que ces temps de souffrance seront bientôt révolus... Mais ni l'oracle ni nos compagnons ne pourront prédire ce qui se cache dans l'ombre du château ou au fond de leur propre coeur...

    Maîtres des éléments, de la terre et du ciel, par le sang qui coule dans mes veines, je
    vous implore de me guider dans l'obscurité, jusqu'à ce que la lumière reprenne ses droits sur l'humanité.

  • Ombres

    Collectif

    Dix-neuf textes, dix-neuf personnalités.
    Dix-neuf voies issues de la nouvelle génération d'auteurs SFFF (Science-Fiction, Fantastique, Fantasy) qui se font le reflet de l'âme humaine. Chaque histoire révèle une facette de ce qui se tapit en chacun de nous, de beau, de terrible, de sordide ou simplement de banal.
    Oserez-vous affronter votre alter ego ? Laissez tomber les artifices et plongez votre regard dans ce miroir tendu.
    Qu'y verrez-vous ?...
    Qui verrez-vous ?

  • Ex machina

    Collectif

    Extrait

    Outis émoï onoma
    Fabien CLAVEL
    Parrain de l'anthologie
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    Homère, Odyssée, IX, 366-367
    Le vieillard venait souvent réchauffer ses membres transis au soleil, assis sur un rocher d'ambre.
    Il sentait la lumière l'envelopper, peut-être pour la dernière fois. Il tourna son front dégarni vers l'astre brûlant. Souriant d'un sourire qui accentuait encore ses nombreuses rides, il fermait ses yeux fatigués et attendait.
    - Quel beau temps, n'est-ce pas ?
    Aucune réponse ne vint. Il ne parut pas s'en formaliser. Pourtant, quelques secondes plus tard, il se redressa.
    - Je ne devrais pas te dire cela à toi : cette chaleur t'a coûté la vie. Pour cela, je devrais détester le jour. Mais je n'y parviens pas. J'ai besoin de sentir un peu de tiédeur dans ma moelle. Tu me pardonneras, j'espère.
    Il se tourna vers une statue d'un jaune translucide qui représentait un jeune homme. Ce dernier arborait des traits sereins, évoquant une vague ressemblance avec l'aïeul.
    Le vieillard soupira.
    Puis son regard erra sur le paysage noyé de clarté. Partout se retrouvait le même matériau doré et diaphane dans lequel avaient été sculptées des statues, mais aussi des rochers et des buissons, si bien que, de loin, on pouvait prendre ce décor pour un pan de nature.
    En réalité, il suffisait d'avancer de quelques dizaines de pas pour en atteindre le bord. Ensuite, la mer et son bleu profond commençaient, encerclant l'île, et paraissaient ne jamais devoir finir.
    Ce fut sans doute la raison pour laquelle le vieillard sursauta en entendant une voix autre que la sienne.
    - Salut à toi.
    - Qui est là ? demanda-t-il.
    Un individu trapu souriait dans sa barbe. Ses dents blanches étincelaient presque au milieu de la toison noire. Pourtant, il n'y avait aucune joie dans ce rictus appris.
    Les deux hommes se toisèrent.
    Vêtu d'un simple pagne, l'inconnu présentait un poitrail de boeuf et des cuisses musculeuses dont l'une était barrée d'une grosse cicatrice. Il devait posséder une force exceptionnelle.
    Le vieillard eut un mouvement de recul.
    - Si c'est Minos qui t'envoie, sache qu'il est déjà mort depuis longtemps. Les filles du roi Cocalos l'ont tué.
    - Ce n'est pas Minos qui m'envoie, répondit l'inconnu. Mais j'aimerais bien savoir comment il est mort. J'adore les histoires...
    - Dis-moi d'abord quel est ton nom, étranger, puisque tu es sur mon île.
    Le rictus s'élargit, presque menaçant.
    - Ici, on m'appelle Nanos, ce qui signifie « l'Errant » en langue étrusque.
    - Tu viens donc d'Aïthalia ?
    - Tout comme tu viens de la ville de Camicos puisque tu en as évoqué le souverain, Cocalos. Il n'y a que le détroit de Charybde et Scylla entre les deux. Mais tu ne m'as pas révélé ton propre nom...
    Le vieillard hésita un instant à répondre. L'Errant observa les environs.
    - Ce n'est rien, dit-il, je devinerai par moi-même. Voyons : nous sommes sur une île qui semble entièrement faite d'ambre. Elle a donc été façonnée par la main de l'homme. J'en veux pour preuve cette statue à laquelle tu parlais. Le jeune homme sculpté te ressemble, j'en déduis qu'il s'agit de ton fils. Tu es donc sculpteur et architecte.
    Il ne vérifia même pas s'il avait raison et poursuivit son raisonnement :
    - Tu as fui le pouvoir de Minos en Crète pour te réfugier auprès de Cocalos en Sicile. Tu as visiblement perdu un fils. Or, je ne connais qu'un homme possédant toutes ces qualités.
    Cette fois, il planta ses yeux dans ceux du vieillard.
    - Tu es Dédale. Et c'est ton fils Icare qui est représenté ici.
    - C'est bien moi, s'inclina l'architecte.
    Ses paupières se plissèrent distillant un éclat rusé.
    - À mon tour, dit-il doucement. Nanos n'est qu'un surnom. Tes manières sont celles d'un roi (j'en ai assez côtoyé pour les reconnaître), mais tes habits sont ceux d'un pauvre pêcheur. J'en conclus que tu es un souverain en exil. Tu portes sur la cuisse une ancienne cicatrice de chasse. C'est un sanglier sans doute qui t'a fait cela. D'autre part, tu connais Charybde et Scylla, tu apprécies les histoires et tu as fait montre de grandes capacités de déduction. Tu es...
    L'autre l'interrompit en levant une main :
    - Ne prononce pas ce nom. Je ne suis plus cette personne. Je ne suis plus personne. Appelle-moi donc Outis, si tu le veux bien.
    Il y avait une grande douleur dans ces quelques mots. Dédale n'insista pas.
    - Comment es-tu arrivé ici ? demanda-t-il après quelques instants.
    - À la nage. J'ai aperçu ton île au loin et j'ai voulu y voir de plus près. Au fil du temps, je me suis dépouillé de beaucoup de mes traits de caractère, mais je suis resté curieux.
    Outis regarda au loin.
    - Je m'étonne de ne pas voir la côte d'Aïthalia. Le temps est pourtant clair.
    Dédale eut un sourire dans sa longue barbe pendante.
    - Oh, mais mon île n'est pas comme les autres, dit-il avec délectation. Elle se déplace...
    ***
    Ce fut ainsi que le dénommé Outis rejoignit l'île d'ambre. N'ayant manifestement rien de précieux à quitter, il se fit rapidement aux conditions de vie insulaires : on mangeait principalement du poisson grillé, de la seiche, ainsi que des algues arrangées.
    Souvent, Dédale mettait ses filets à la traîne et les retirait prêts à se rompre, au point que ses bras fatigués parvenaient à peine à accomplir cette tâche. Parfois, il ramenait un dauphin dont le foie constituait un excellent ragoût.
    - Cela me rappelle Ithaque, disait Outis.
    Et il s'assombrissait.
    Le vieillard n'osait l'interroger plus avant craignant de découvrir des secrets inavouables. Il avait suffisamment souffert pour ne pas chercher à fouiller dans les anciennes blessures.
    Peu à peu, Dédale lui dévoila l'architecture de son vaisseau.
    L'île avait été entièrement excavée de manière à former un palais souterrain comprenant une centaine de pièces.
    Le centre en était une salle immense, entourée d'une colonnade, dont un coin était entièrement encombré d'objets divers. Le sol et le plafond étaient taillés dans l'ambre le plus transparent et l'on pouvait y voir à la fois le ciel et la mer. En outre, le sculpteur avait découpé deux carrés pour former une ouverture à ciel ouvert et l'autre où l'eau affleurait comme un bassin.
    - Contrairement à ce qu'on pourrait penser, je n'ai pas bâti cela pour observer les poissons, expliqua-t-il. Pendant longtemps, je n'ai fait que tourner autour de l'île de Samos, là où mon fils Icare est tombé. Je cherchais son corps. J'avais construit ce navire en trompe-l'oeil afin de ne pas trop attirer l'attention. La Crète n'était pas loin et Minos pouvait me surprendre à tout moment.
    Il se laissait porter par ses souvenirs.
    - C'est ainsi que j'ai découvert la vie qui grouillait sous la plaine liquide. Peu à peu, j'ai réussi à éviter tout contact avec la terre. La mer me suffisait.
    - Mais pour l'eau ?
    - Ce trou dans le plafond est là à dessein : il capte la pluie et la verse dans des réservoirs. Jusqu'à présent, je n'en ai jamais manqué.
    Outis était curieux de tout. Il ne cessait d'interroger l'architecte sur ses trouvailles.
    - Mais par quel moyen ton île se déplace-t-elle ?
    Dédale se taisait, à la fois heureux de l'indiscrétion et jaloux de son savoir. Finalement, il céda et emmena son passager au plus profond de l'île mystérieuse.
    Ils suivirent des couloirs incurvés, montant et descendant, des angles droits, des circonvolutions avant d'atterrir devant une porte d'ambre noir, totalement opaque.
    - C'est ici que repose le secret de mon île, expliqua-t-il. Je te demanderai de ne pas révéler ce que tu y verras. Jure-le sur ce que tu as de plus cher.
    Outis hésita longuement puis jura sur sa gloire. Satisfait, Dédale ouvrit la porte.
    La salle qui s'étendait devant eux semblait faite entièrement de verre. Elle se trouvait sous le niveau de la mer et l'on voyait les eaux qui l'entouraient de toutes parts.
    Au milieu de cette salle étaient installés des bancs. Sur ces bancs, des rameurs étaient assis et souquaient en rythme. Ils avaient tous la peau dorée et transparente.
    - Des statues ! s'exclama Outis, stupéfait. Ce sont des statues d'ambre.
    Les avirons passaient à travers des trous pratiqués dans la cloison. Pour éviter à l'eau d'entrer, on avait entouré le bois d'étoupe et de bitume.
    - J'aime dire qu'elles sont mes jouets, comme nous sommes les jouets des dieux, déclara Dédale, non sans satisfaction. Je les appelle « automates » car elles se meuvent d'elles-mêmes.
    - Mais par quel prodige ?
    - Ah, les dieux n'ont rien à voir là-dedans comme le croient beaucoup d'hommes. Vois-tu, j'ai remarqué que la vapeur d'eau constituait une force importante. Je l'ai simplement mise à profit. Viens voir.
    Il était heureux de pouvoir enfin dévoiler l'intégralité de son système à un autre que lui-même. Joyeux, il emmena Outis dans une autre pièce attenante. Là, brûlait un feu d'algues sèches, chauffant un important bassin d'où s'élevait une brume. Une sorte de cornet taillé dans un coquillage géant recueillait la vapeur.
    - Il la conduit ensuite dans des tuyaux avant d'aboutir à des sphères d'où sortent des tubes. En s'échappant, l'air chaud produit la rotation des globes et entraîne celle d'un axe qui anime mes rameurs. Ils ne sont là que pour dissimuler la machinerie à l'oeuvre.
    - Astucieux...
    - Venant de toi, c'est un compliment de grande valeur.
    Amadoué par ces révélations, Outis s'épancha à son tour. Il raconta comment, à son retour de la guerre de Troie, il avait retrouvé une Ithaque dévastée par les prétendants.
    - Ce fut le début de mes désillusions. Je commençai par me venger des prétendants qui vivaient aux crochets de mon royaume depuis des années. Mais j'ai ensuite découvert que beaucoup avaient entretenu avec eux des relations plus que diplomatiques. Mes servantes avaient couché avec eux sans réticence. Je les ai fait pendre.
    Il devint pensif.
    - Mon épouse Pénélope que chacun me peignait comme un modèle de vertu avait en réalité accordé ses faveurs à l'un des prétendants : un certain Amphinomos. Elle ne m'a jamais pardonné de l'avoir tué d'une flèche en plein coeur. Je l'ai exilée à Sparte car le chagrin qu'elle traînait sans retenue dans le palais d'Ithaque me faisait si mal que je devais me retenir pour ne pas l'étrangler.
    Il soupira.
    - Je consultai l'oracle des dieux pour savoir si mon calvaire prenait fin. Mais on m'annonça que mon propre fils voulait ma mort. La rage au ventre, je me suis résolu à exiler Télémaque à son tour. Je l'ai envoyé à Corcyre mais je sais bien qu'il a trouvé refuge chez les Phéaciens et qu'il a épousé Nausicaa. Dommage. Il me restait encore un espoir de faire d'elle ma reine.
    - C'est cela qui t'a fait renoncer à ton royaume ? demanda Dédale.
    Outis ricana.
    - Penses-tu ! Cette fois, les fils des prétendants m'ont intenté un procès pour le meurtre de leurs parents. Ils se sont plaints au roi d'Epire.
    - Néoptolème ? Mais c'est pourtant le fils d'Achille ? N'est-ce pas toi qui l'as amené à Troie après la mort de son père ?
    - Il n'en a hérité que la violence. Je savais qu'il comptait me destituer par ce procès joué d'avance. Mais plus rien ne me retenait à Ithaque. Je suis parti en Aïthalia. C'est là que j'ai aperçu ton île mouvante.
    Il se tut.
    Un peu plus tard, Outis interrogea son hôte sur la direction qu'ils suivaient.
    - J'ai renoncé à retrouver le corps de mon fils, répondit Dédale. À présent j'erre sans but sans autre but que le plaisir de l'exploration.
    Le voyageur prit un air rusé.
    - Eh bien, je te propose une destination si tu en es d'accord.
    - Laquelle ?
    - Laisse-moi te surprendre. Ainsi, tu pourras me montrer comment on dirige cette île...
    Le vieillard se savait mortel. Il soupesa longuement la proposition de son invité. Renonçant à laisser tout son travail se perdre après sa disparition, il accepta.

  • Le XIXe marque, non sans résistances, l'émergence de l'archéologie scientifique. Les fouilles entreprises à la fin du XVIIIe siècle à Herculanum à partir de 1738, de Pompéi à partir de 1748 puis les découvertes de Pétra (1812) et plus encore l'engouement pour l'égyptologie en France après la Campagne d'Égypte de Bonaparte popularisent les méthodes scientifiques de l'époque et soulèvent l'intérêt du public.
    La littérature s'inspire des découvertes archéologiques. Edward Bulwer-Lytton raconte en 1834 Les Derniers jours de Pompéi, Prosper Mérimée imagine La Vénus d'Ille (écrite en 1835 et publiée en 1837), Gustave Flaubert reconstitue Carthage au IIe siècle avant Jésus-Christ dans Salammbô (1862). Théophile Gautier produit plusieurs textes d'inspiration archéologique comme la nouvelle Arria Marcella (1852) ayant pour cadre Pompéi ou Le Roman de la Momie racontant l'histoire d'une jeune Égyptienne au temps des Pharaons.

    De la reconstitution du passé grâce aux traces archéologiques à la question des traces que Paris laissera dans cent, mille ou cinq mille ans, il n'y a qu'un pas régulièrement franchi par les écrivains.

    Les ruines futures de Paris sont un terrain d'exploration pour les auteurs rassemblés dans cette anthologie. Pour certains, il s'agit de ridiculiser les travers de leurs contemporains, pour d'autres d'illustrer une philosophie et faire réfléchir sur la petitesse de l'homme et pour les derniers de tout simplement amuser le public.

    Aux côtés de Maurice Saint-Aguet, Victor Hugo, Santillane, Louis-Sébastien Mercier et Alfred Franklin, partez à la découverte des vestiges parisiens...

  • Le thème de l'anthologie des Imaginales 2016 ose le face à face entre deux personnages archétypaux provenant de mondes différents. La fée, figure principale de la rêverie médiévale, du fantastique, de la fantasy, et l'automate, un produit de la culture quasi industrielle, de la pensée scientifique, de la science-fiction. Deux univers qui s'opposent sans doute, mais dont la rencontre est propice à l'imagination et fait jaillir des étincelles. Cette anthologie va vous étonner et vous passionner.
    Les auteurs : Paul Beorn, Pierre Bordage, Charlotte Bousquet, Fabien Cerutti, Lionel Davoust, Jean-Claude Dunyach et Mike Resnick, Estelle Faye, Pierre Gaulon, Gabriel Katz, Nabil Ouali, Benoît Renneson, Adrien Tomas, Cindy Van Wilder. Partenaires de longue date des Imaginales, le festival des mondes imaginaires d'Épinal, les éditions Mnémos ont accepté le principe d'éditer chaque année, avec l'appui du festival, une anthologie thématique de fantasy. Jean-Claude Vantroyen dirige cette huitième anthologie des Imaginales. Il est journaliste au Soir, à Bruxelles depuis 1973, et aujourd'hui responsable du supplément littéraire du quotidien, Les Livres du Soir. Depuis ses 15 ans, il s'intéresse aux littératures de l'imaginaire. Il a beaucoup écrit, dans son journal, à leur sujet. Voici sa première anthologie.



  • « Mes soeurcières... Sans elles, je n'aurais jamais pu franchir tous ces obstacles. Trois filles aux pouvoirs puissants, mais surtout aux caractères bien trempés. »

    Maëlys, la sorcière empathe, a su s'entourer d'amies fidèles pour l'aider dans sa quête : Dorine, l'herboriste qui l'a initiée à la magie, Patricia, la clairvoyante dont les rêves prémonitoires sont bien utiles à la police et enfin Jihanne, la gothique qui parle aux défunts.
    Retrouvez les personnages de « Fille d'Hécate » dans ce recueil de nouvelles signées par Cécile Guillot et des auteurs invités.

  • Des lémures, une statue vivante, une disparition, un testament, une poupée, un miroir, un violon... Un inventaire à la Prévert ? Non, des nouvelles fantastiques écrites par des collégiens pleins d'imagination. Attention ! Si vous ouvrez ce livre, c'est à vos risques et périls ! A partir de 14 ans

  • Avec ArcheoSF, explorer les archives de la science-fiction ancienne : curiosités, inventions...

    2050 représente, dans l'imaginaire collectif, une somme d'inquiétudes entre changement climatique, fin du pétrole, déséquilibres démographiques et inconnues géopolitiques.


    1950, c'était il y a plus d'un demi-siècle. Pour les hommes et femmes de la fin XIX e siècle, l'écart temporel était le même et ils rêvèrent de ce temps à venir comme la promesse d'un autre monde. De nombreux écrivains, humoristes et vulgarisateurs scientifiques se sont emparés du thème « 1950 » s'appuyant sur les avancées scientifiques pour produire des anticipations. Albert Robida écrivit et dessina « 1950 » et les années suivantes dans Un potache en 1950, En 1965, Le Vingtième siècle... Son empreinte est manifeste sur certains des textes rassemblés ici.


    L'anonyme Un clou pour l'exposition de 1950 publié en 1899 est placé sous le signe de l'Exposition Universelle de 1900 au cours de laquelle de nombreuses innovations soulageant l'homme de l'effort de la marche furent présentées.


    Dans Énigme d'amour publié en 1909, E Ribière-Riverlas présente une intrigue sentimentale sur un fond inspiré par Robida et Jules Verne avec des moyens de transports et de communication variés extrapolés.


    Plus léger est le conte Une élection académique en 1950 dans lequel Paul Blin imagine qu'une loi de 1949 « prescrit que les membres de l'Académie française seraient élus par les représentants de la presse, formant un collège électoral dans chaque chef-lieu de département ».


    Pour finir L'attaque de la coupole cuirassée. Épisode d'un siège ... en 1950 de Pierre Ferréol est une anticipation militaire. Après la guerre de 1870-1871, ce genre a fleuri. Des auteurs comme le Capitaine Danrit, Pierre Giffard ou même Octave Béliard , ont écrit de nombreuses guerres futures mettant en scène des engins extrapolés tels des aéroplanes blindés, des dirigeables cuirassés, des chars, des super-canons ou des forts imprenables.


    P. E.

  • C'était la guerre...
    Une personne vient faire expertiser un bijou qui raconte une étrange histoire...
    Deux enfants qui s'enfoncent dans la forêt, suivis par des soldats...
    Une femme qui se réveille dans une grange, amnésique...
    Une tempête qui rend fou...
    Une histoire pour enfant qui sauve la vie...
    Des animaux qui deviennent des héros de guerre...
    Un dieu égyptien qui affronte la technologie la plus moderne...
    Dix nouvelles, dix univers sur le thème « C'était la guerre ».
    Les dix auteurs, qui mêlent de jeunes écrivains et des auteurs confirmés, vous feront découvrir leur talent dans des histoires où se mêlent l'humour, la nostalgie, l'aventure, avec la violence et la menace de la guerre. Certains récits s'inspirent de faits vécus, d'autres sont oeuvre d'imagination, mais tous sont des oeuvres inédites.
    Les dix auteurs de ce recueil ont été primés lors d'un concours de nouvelles organisé par Pulp éditions en collaboration par l'association Le Cercle des écritures de Nantes sur le thème qui constitue le titre de cet ouvrage.

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