Sciences humaines & sociales

  • A partir d'une analyse en profondeur de la production et de la reproduction dans les sociétés agricoles d'autosubsistance, l'ouvrage de Claude Meillassoux apporte à la fois une théorie du mode de production domestique, les éléments d'une critique radicale de l'anthropologie classique et structuraliste et les bases d'une critique constructive de la théorie du salaire de Marx.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le tiers monde est - et sera longtemps encore - rural, malgré la forte urbanisation qu'il connaît depuis une vingtaine d'années : en l'an 2000, un habitant sur deux vivra dans les campagnes, et assurera l'alimentation des villes. C'est dire l'importance à venir des campagnes dans l'économie du tiers monde. Mais celui-ci est multiple : quoi de commun entre les zones désertiques du Sahel et la pampa argentine, entre les hauts plateaux andins et les rizières de l'Asie du Sud-Est, entre le Nord-Est brésilien et la Chine ? L'auteur connaît bien ces différentes situations, et mène dans ce livre une étude comparative et prospective des enjeux économiques, sociaux, culturels et environnementaux qui se nouent dans les campagnes. Deux réalités accablent ces continents : la pauvreté, sans cesse grandissante des paysanneries, et la fragilisation des solidarités villageoises. Jacques Chonchol propose, pour faire échec à la pauvreté, de revaloriser l'aspect rural, d'encourager une industrialisation appropriée aux campagnes et aux paysans, de favoriser l'émancipation des femmes qui sont à la base des cultures, de rétablir les nécessaires équilibres avec l'écosystème. Mais ces diverses propositions doivent être resituées dans leur contexte, et c'est pourquoi l'ouvrage effectue, chapitre après chapitre, un véritable tour du monde. Le déficit alimentaire, les problèmes fonciers, l'intervention de l'État, l'enseignement agricole, l'influence du modèle occidental de développement, les structures familiales, l'échange inégal ville/campagne, etc., différent d'une région à une autre. La ville, la modernité, la division internationale du travail, lancent de véritables défis aux communautés rurales. Les réponses sont à formuler et à mettre en oeuvre dès aujourd'hui.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Elles sont filles de parents maghrébins immigrés en France. Leurs pères sont ouvriers, artisans, chômeurs ou retraités, l'un fut officier de gendarmerie. Elles sont nées à Nanterre, à Bobigny, Sartrouville, à Paris dans le vingtième, dans la banlieue nantaise ou à Roubaix et y ont grandi. Elles ont de dix-huit à vingt-sept ans, sont lycéennes, étudiantes, animatrice, secrétaires, restauratrice ou "au chômage". Quelques-unes ont un compagnon, l'une est mariée, une autre divorcée, la plupart sont célibataires. Toutes ont parlé sans réticence, contentes d'être écoutées par une auditrice attentive, française, ethnologue, spécialiste de la culture de leurs parents, ainsi à même de comprendre leurs difficiles et douloureux problèmes. En effet, elles sont partagées, parfois déchirées entre leurs aspirations personnelles de jeunes femmes en France et le désir, bien différent, de leurs parents, qui auraient voulu les voir devenir ces "femmes bien", modèle de femme maghrébine. Diverses ont été leurs conditions de vie, divers leurs rapports avec parents et frères, leurs connaissances de la religion, du Maghreb, leurs scolarités, leurs activités et relations éventuelles hors de la maison paternelle, leurs attitudes envers l'autre sexe, leurs propres désirs de famille et d'enfant, leurs problèmes d'identité et de nationalité, enfin, pour certaines d'entres elles déjà, leur participation à la vie active en France. A travers leurs discours sur toutes ces questions - une centaine d'heures d'entretiens -, sont analysées les conditions et les circonstances, les constantes et les variables susceptibles de freiner ou de favoriser leurs dispositions à l'intégration.

  • Pour la population juive de France pendant l'Occupation, il fallait, soit se conformer à une législation assassine, soit désobéir et courir les risques de la clandestinité. L'auteur est historien et fut animateur de la résistance juive communiste pendant la guerre.

  • De 1989 à 1994, l'affaire du foulard a divisé l'opinion française. Pour les uns, en arborant leur foulard, ces jeunes musulmanes manifestent un prosélytisme inacceptable dans l'école laïque, et doivent en être exclues si elles s'obstinent à le garder. Pour d'autres, l'école de la République doit accueillir tout le monde, y compris les élèves enfoulardées, qu'elle saura intégrer. La polémique s'est chargée d'une telle tension idéologique, qu'elle a fini par occulter la réalité même du phénomène et ses enjeux véritables. D'où l'intérêt majeur de ce livre, fruit d'une enquête de deux ans dans les banlieues dites chaudes auprès des enseignants et des jeunes filles voilées. Une enquête qui bouscule les idées reçues : ni terroristes en herbe, ni adolescentes musulmanes manipulées, les unes acceptent le port du foulard pour rassurer leur famille et négocier leur accès à la modernité, et d'autres l'arborent volontairement, comme le signe de leur double identité, française et musulmane, citoyenne et croyante. Et, loin de favoriser l'émancipation des jeunes musulmanes, leur expulsion de l'école publique, offre des martyres inespérées aux activistes intégristes. Pour les auteurs, la passion que soulève le foulard de ces écolières est un révélateur : si la République est menacée, ce n'est pas par le foulard, mais par les difficultés qu'éprouve la société française à opérer la synthèse entre égalité et différence, République et démocratie. Les responsables politiques, les enseignants, mais aussi celles et ceux pour qui le foulard est devenu un sujet de débat - et de confrontation - trouveront dans ce livre matière à réflexion. Et les réponses aux questions complexes que pose l'affaire des jeunes filles voilées.

  • Prenant comme point de départ le programme d'action adopté par l'ONU lors de la conférence du Caire en 1994, cet ouvrage identifie les contours du nouveau défi démographique qui appelle à une mutation de nos principes d'organisation sociale et économique, de notre rapport au pouvoir et, partant, de nos valeurs.

  • Le projet des auteurs réunis dans cet ouvrage est simple et ambitieux à la fois : dans une langue accessible et claire, il s'agit de mettre leurs savoirs et leur expérience auprès des adolescents à la disposition des parents et des éducateurs. Sont ainsi tracées les grandes lignes directrices de cette période de la vie, que l'on soit fille ou garçon, et expliqué ce qui peut, à un moment ou à un autre, freiner ou altérer un développement harmonieux. On ne trouvera cependant ni « recettes » éducatives ni propos d'experts détenteurs d'une vérité, mais confrontations d'expériences, rencontres et convergences de points de vue, pour dédramatiser la perception de l'adolescence et réaffirmer les ouvertures dont elle s'accompagne.

  • Ce livre est un témoignage, l'itinéraire complet d'un coopérant qui a passé vingt ans au Pérou, dans des situations professionnelles très différentes. L'auteur a changé cinq fois de statut : ingénieur agronome de formation, il a d'abord eu pour mission d'aider les communautés paysannes andines à améliorer leur production. Enseignant ensuite, puis chercheur, puis coordinateur de projets auprès des paysans andins et, enfin, agent technique. Au terme de sa trajectoire, l'homme d'aujourd'hui regarde le coopérant naïf d'hier et soulève quelques questions essentielles : quel est le rôle du coopérant aujourd'hui ? un colporteur de techniques modernes, de méthodes, de concepts issus des pays dits développés ? ou un médiateur entre deux cultures, deux savoir-faire ? ou bien encore un « professionnel » en voie de disparition ?... Comment peut se concevoir à l'avenir la coopération, si elle n'est fondée sur l'idée d'un apprentissage mutuel ? Un livre utile à tous ceux que la coopération et l'aide humanitaire intéressent, pour répondre à leurs premières interrogations et bousculer quelques idées reçues.

  • Le débat sur le temps de travail prend rarement en compte le point de vue du travail des femmes. Or, elles sont les principales destinataires des politiques actuelles d'aménagement du temps de travail, de création et de développement d'emplois flexibles et précaires. Est-ce le partage ou la division du travail ? Cet ouvrage, pluridisciplinaire, envisage la totalité des temps sociaux - temps de travail et « hors » travail, temps domestique et professionnel. Il analyse les contenus des accords de partage du travail qui ont été conclus dans les entreprises. Des comparaisons internationales avec des pays du tiers-monde, de l'Europe, les États-Unis, le Canada et le Japon interrogent la notion même de partage du travail.

  • Reconstruire un pouvoir politique : réaliser cet objectif conditionne tout progrès de société. Or les partis politiques qui visent à exercer le pouvoir d'Etat ne se posent pas encore la question. En sollicitant les commentaires, reproduits ici, d'une dizaine de personnalités d'horizons très divers, l'auteur montre que le débat est possible et peut être fructueux.

  • Face aux déchaînements d'horreur en Algérie, l'opinion internationale semble tétanisée. Beaucoup d'observateurs disent : on ne comprend pas, on ne sait pas ce qui se passe vraiment. [...] Le rapport de Reporters sans frontières - Algérie, la guerre civile à huis clos - dénonce l'étrange inaction du pouvoir dans la recherche des assassins de journalistes, l'impitoyable censure qu'il exerce sur la presse, et l'interdiction de fait qu'il a imposée de toute enquête indépendante sur les violences ; le rapport de mission de la FIDH - La levée du voile : l'Algérie de l'extrajudiciaire et de la manipulation, établi à partir de témoignages particulièrement accablants recueillis sur place, montre que la lutte légitime de l'État algérien contre le terrorisme est menée, depuis 1992, en violation complète des conventions sur les droits de l'homme dont il est pourtant signataire (pratique généralisée de la torture, séquestrations arbitraires et disparitions, exécutions sommaires, milliers de prisonniers d'opinion, exactions encouragées des milices, etc.) ; - le rapport de l'organisation américaine Human Rights Watch - Algérie, des élections à l'ombre de la violence et de la répression - revient, à l'issue d'une mission sur place, sur les conditions très particulières des élections législatives du 5 juin 1997 (exclusion de certains opposants, censure, climat de violence, etc.) ; - et, enfin, le rapport d'Amnesty International - Algérie : la population civile prise au piège de la violence - analyse les exactions des groupes armés d'opposition, le rôle singulier des milices d'autodéfense armées par le pouvoir, le mur du silence construit par ce dernier pour entraver les enquêtes indépendantes, et l'indifférence de l'opinion internationale. Un ensemble de textes sans équivalent, qui ne permettra plus de dire : On ne savait pas.

  • Mondialisation, multiculturalisme, justice sociale, bioéthique, crise du politique : ces termes et ces expressions occupent l'espace du débat public sans qu'on sache souvent ce qu'ils recouvrent précisément. Pour cette raison, cet ouvrage tente de fournir un éclairage, aussi précis et complet que possible, sur ces grandes notions et sur les controverses qu'elles suscitent dans le monde politique et intellectuel. Les auteurs de chaque contribution se sont efforcés de mettre en évidence les problématiques, les termes et les enjeux de débats aussi complexes qu'incontournables : ainsi la place du droit dans nos démocraties, le rôle de l'école, la crise du lien social et, à l'extérieur de nos frontières, l'avenir de l'État-nation, le nouveau désordre international et la construction européenne. Dans ce livre, ces grands enjeux du débat public contemporain sont restitués dans leur dimension philosophique, politique, économique, juridique et sociologique. Cet ouvrage clair et pédagogique s'adresse, en priorité, aux étudiants des Instituts d'études politiques, aux candidats aux concours administratifs et aux écoles de commerce. Mais chacun pourra trouver, dans cet ouvrage, matière à sa réflexion personnelle sur les débats de notre temps.

  • Dans ce livre d'entretiens, Michel Charzat, maire du XXe arrondissement de Paris explique à Claude Neuschwander, consultant auprès des collectivités locales et des organisations de l'économie sociale, que la démocratie locale, école et creuset de l'autonomie, est le moyen nécessaire, sinon suffisant pour stimuler un nouvel appétit de démocratie chez nos concitoyens.

  • Les faits divers, relatant des épisodes violents impliquant des adolescents, ne cessent de remplir les colonnes des journaux, à tel point que pour certains, la violence est devenue synonyme de « jeunesse » ; les jeunes seraient forcément violents ! L'adolescent a donc mauvaise réputation auprès du grand public. Cette image négative et déformée est même amplifiée par des études épidémiologiques se résumant souvent à un long catalogue de catastrophes (suicide, délinquance, toxicomanie...). On assiste ainsi. de manière préoccupante, à un glissement vers une interprétation dramatisée de l'adolescence, à laquelle la violence est systématiquement associée. Les auteurs réunis dans cet ouvrage - pédiatres, psychologues, psychiatres, psychanalystes, sociologues, juges. médecins de santé publique... - adoptent résolument un point de vue différent, et invitent à porter un autre regard sur cette période critique, en rappelant que les adolescents sont d'abord victimes de violences (violences intrafamiliales, violences institutionnelles, violences sexuelles, pour n'en citer que certaines). Les passages à l'acte sont, en fait, une réponse à une violence initialement subie. L'approche interdisciplinaire privilégiée ici permet de rendre accessible une réflexion trop rarement conduite entre spécialistes, c'est le principal intérêt de l'ouvrage. Une mise au point indispensable pour tous les professionnels concernés. Cette deuxième édition actualisée donne une plus grande place à la prévention.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Voici un livre résolument tourné vers l'avenir. « L'histoire du socialisme commence... » constate Jean Baby : nous vivons une profonde et totale transformation ; deux systèmes économiques inconciliables s'affrontent. Le socialisme met en cause de façon fondamentale et globale le système capitaliste ; depuis la Révolution de 1917 il gagne chaque jour du terrain, si compliquées et difficiles à analyser que soient les crises que nous vivons. Mais que peut-on prévoir de ce monde, socialiste vers lequel nous avançons, quand la société aura été radicalement et définitivement transformée ? C'est à cette question : que sera le socialisme lorsqu'il deviendra une réalité quotidiennement vécue, que répond Jean Baby à la lumière des enseignements marxistes ; il reprend, dans cette perspective, les points les plus cruciaux de la société actuelle : l'avenir de l'Etat, de la morale, l'évolution et la disparition de la famille, l'épanouissement des jeunes au sein d'une société sans tensions, l'égalité réelle des femmes, la disparition des conflits sexuels, l'évolution de la monnaie, la rationalisation du logement... Jean Baby envisage ainsi l'évolution d'une société qui aura définitivement banni l'oppression et la violence, car il fait sien le mot de Lénine : «  Dans notre idéal il n'y a pas de place pour la violence sur les hommes. »

  • Chaque année la machinerie scolaire rejette hors d'elle des centaines de milliers de filles et de garçons de 16 à 18 ans ; elle les a formés et triés pour en faire qui un ouvrier qualifié, qui une dactylo, qui... Ces jeunes ballotés de filières en filières sont silencieux, silence qui contraste avec le bavardage intarissable de ceux qui dans les médias et les ouvrages érudits parlent sur eux, parfois pour eux. Ce livre est une tentative pour briser ce silence. Une cinquantaine de filles et de garçons de Gennevilliers se sont rassemblés autour de Marie-France Mazalaigue et Ginette Francequin-Gallais. Quelques-uns sont encore élèves de CET, la plupart cheminent dans le désert qui s'étend entre la sortie de l'école et la conquête d'une position stable dans le travail et la famille ; ils prennent la parole ; ils s'adressent aux adultes, ils les questionnent, exigent une réponse. Ils s'adressent aussi aux autres jeunes, ils les appellent à édifier une solidarité qui brisera leur solitude. Que disent-ils ? Ils ont un regard lucide. Ce monde leur apparaît dominé par les interdits et les règles ; ils se heurtent à ces petits despotes qui règnent dans les familles, les ateliers, les salles de classes, les casernes ou les cités HLM ; partout où ils vont, on leur demande d'obéir, d'accepter, de se taire. Ils s'aperçoivent qu'à l'école ils ont été principalement formés à accepter la domination. Ils s'aperçoivent aussi que les petits despotes ne sont eux-mêmes que des victimes ; partout ils ressentent cruellement la division des dominés dont ils attendent solidarité et fraternité. Ils refusent de pénétrer dans ce monde, ils se réfugient dans la bande, ils tentent surtout des cheminements individuels de rupture, ils fabriquent des rêves. Le refus de ces filles et garçons restera-t-il ainsi limité, crispé sur la défense d'une identité personnelle, devant une société qui la détruit ? Ce refus et cette aspiration à la solidarité, qui sourd à chaque page, seront-ils entendus ? sur quoi déboucheront-ils ? se survivront-ils ?

  • Ces derniers temps ont été marqués, dans l'aire européenne, par des événements d'une portée considérable : le renversement des dictatures militaires au Portugal et en Grèce, l'accélération caractéristique du pourrissement du régime franquiste en Espagne, dont le renversement est désormais à l'ordre du jour. Or, la voie suivie dans la chute des dictatures portugaise et grecque, ainsi que le processus en oeuvre en Espagne posent une série de questions importantes, qui sont encore loin d'être éclaircies. Elles s'articulent, pour l'essentiel, sur un point précis : les régimes portugais et grec n'ont « apparemment » pas été renversés par un mouvement insurrectionnel massif, ouvert et frontal des masses populaires ; pas davantage par une intervention militaire de l'étranger, comme ce fut le cas pour le nazisme allemand et le fascisme italien. Quels furent donc les facteurs qui ont déterminé leur renversement, et comment l'intervention des masses populaires s'est-elle exprimée ? Ces questions concernent de nombreux pays qui, comme le Portugal, la Grèce et l'Espagne, relèvent de la zone de dépendance par rapport aux métropoles impérialistes, et qui, eux aussi, présentent des régimes de la forme d'Etat capitaliste d'exception, c'est-à-dire de guerre ouverte contre les masses populaires : fascismes, dictatures militaires, bonapartismes. Enfin, certaines de ces questions concernent également les pays européens dits « industrialisés » et « libres ». La Grèce, le Portugal et l'Espagne sont caractérisés par une dépendance très particulière : ces pays ne relèvent plus de la situation dite de « sous-développement » et, par leur structure économico-sociale, ils se situent dans l'aire européenne. Les événements qui s'y déroulent concernent ainsi directement les autres pays européens.

  • « Les stages Barre ? c'est une mascarade, une sorte de grand spectacle pré-électoral dans lequel nous sommes des figurants : ce sont les autres qui mènent la danse, qui ont organisé ce ballet... Mais nous, on joue aussi notre rôle, on le joue bien ; les formateurs aussi : tout le monde joue son rôle... Nous savons bien qu'à la sortie la plupart d'entre nous retourneront dans les queues de l'ANPE... et comme on n'a rien appris ici, la boucle est faite : on se retrouvera au point de départ : le chômage, l'attente, l'ennui, pas de fric... » Ainsi s'exprime, dans ce livre, un stagiaire bénéficiant du Pacte national pour l'emploi des jeunes et des femmes. Le Pacte national pour l'emploi, tout le monde en a entendu parler : huit ou neuf cent mille jeunes « y sont passés » ou y passent actuellement. Pourtant bien peu, même parmi les militants, en connaissent les tenants et les aboutissants. Il fallait sortir des propos généralisateurs ou lénifiants : c'est ce qu'ont voulu faire les auteurs de ce livre, eux-mêmes militants syndicaux, l'un à la CFDT, l'autre à la C G T. Trois approches dans ce livre : une comparaison serrée des deux versions successives (1977 et 1978) de ce prétendu « pacte » et des raisons de ses évolutions ; des interviews de ceux qui ont vécu les stages, parfois étonnantes dans ce qu'elles révèlent ; une analyse des fonctions et des significations politiques et économiques de telles mesures.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Quant à vous, messieurs les juges, sachez que les ouvriers sont les maitres. Si vous avez encore l'envie de juger des dirigeants de la gauche prolétarienne, il vous faudra aller les chercher sur les chaînes dans les ateliers, dans les vieilles fermes que vous voulez détruire, au fond de la mine : les masses vous y attendent  ! » Alain Geismar à ses juges.

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