• Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un "gros déglingo", dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixelisé de feu son épouse. Mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy, et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison il faut bien faire quelque chose, à la mort de ce père Janus. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille, la narratrice, qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Et puis, un jour, comme venue du passé et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.

  • Pendant un an, Annie Ernaux a tenu le journal de ses visites à l'hypermarché Auchan du centre commercial des Trois-Fontaines situé en région parisienne. « Voir pour écrire, c'est voir autrement », écrit-elle. On redécouvre en effet à ses côtés le monde de la grande surface. Loin de se résumer à la corvée des courses, celle-ci prend dans ce livre un autre visage : elle devient un grand rendez-vous humain, un véritable spectacle. Avec ce relevé libre de sensations et d'observations, l'hypermarché, espace familier où tout le monde ou presque se côtoie, atteint la dignité de sujet littéraire. Annie Ernaux est écrivain. Elle est notamment l'auteur de La Place (1984), La Honte (1997), Les Années (2008) aux Éditions Gallimard.

  • Aucun de nous ne reviendra est, plus qu'un récit, une suite de moments restitués. Ils se détachent sur le fond d'une réalité impossible à imaginer pour ceux qui ne l'ont pas vécue. Charlotte Delbo évoque les souffrances subies et parvient à les porter à un degré d'intensité au-delà duquel il ne reste que l'inconscience ou la mort. Elle n'a pas voulu raconter son histoire, non plus que celle de ses compagnes ; à peine parfois des prénoms. Car il n'est plus de place en ces lieux pour l'individu.

    « Une voix qui chuchote, déchirante. Un chuchotement à fleur de vie et d'horreur. Cette voix une fois entendue vous obsède, ne vous quitte plus. Je ne connais pas d'oeuvre comparable à celle de Charlotte Delbo, sinon Guernica, sinon le film Nuit et brouillard, même pudeur, même déchirure, même atroce tendresse, chez cette femme, chez Alain Resnais. Cette douloureuse et bouleversante incantation est de ces livres rares qui laissent soudain le lecteur en pays étranger à lui-même. » (François Bott, L'Express, 1970)

    Aucun de nous ne reviendra est paru aux Éditions de Minuit en 1970.

  • UNE CONNAISSANCE INUTILE
    Alors vous saurez
    qu'il ne faut pas parler avec la mort
    c'est une connaissance inutile
    Une connaissance inutile est le troisième ouvrage de Charlotte Delbo sur les camps de concentration. Après deux livres aussi différents par leur forme et leur écriture que Aucun de nous ne reviendra et Le Convoi du 24 janvier, c'est dans un autre ton qu'on lira ici Auschwitz et Ravensbrück. On y lira plus encore une sensibilité qui se dévoile à travers les déchirements. Si les deux précédents pouvaient apparaître presque impersonnels par leur dépouillement, dans celui-ci elle parle d'elle. L'amour et le désespoir de l'amour - l'amour et la mort ; l'amitié et le désespoir de l'amitié - l'amitié et la mort ; les souffrances, la chaleur de la fraternité dans le froid mortel d'un univers qui se dépeuple jour à jour, les mouvements de l'espoir qui s'éteint et renaît, s'éteint encore et s'acharne...

    MESURE DE NOS JOURS
    Et toi, comment as-tu fait ? pourrait être le titre de ce troisième volume de Auschwitz et après. Comment as-tu fait en revenant ? Comment ont-ils fait, les rescapés des camps, pour se remettre à vivre, pour reprendre la vie dans ses plis ? C'est la question qu'on se pose, qu'on n'ose pas leur poser. Avec beaucoup d'autres questions. Car si l'on peut comprendre comment tant de déportés sont morts là-bas, on ne comprend pas, ni comment quelques-uns ont survécu, ni surtout comment ces survivants ont pu redevenir des vivants. Dans Mesure de nos jours, Charlotte Delbo essaie de répondre, pour elle-même et pour d'autres, hommes et femmes, à qui elle prête sa voix.

    Les deuxième et troisième volumes de la trilogie Auschwitz et après sont respectivement parus en 1970 et 1971 aux Éditions de Minuit.

  • Maid

    Stéphanie Land

    Il est arrivé qu'un écrivain devienne femme de ménage. Pour vivre de l'intérieur une condition sociale qui n'était pas la sienne, et pouvoir témoigner, dénoncer les conditions de travail indignes, les horaires inhumains, mettre sa plume au service de celles que personne n'écoute. Ce fut le cas de Florence Aubenas, et de Barbara Ehrenreich qui signe la préface de ce livre. Mais il arrive - plus rarement - que ce soit l'inverse. Qu'une femme de ménage devienne écrivain.
    Au début de ce récit, Stephanie Land est la mère d'une petite fille de deux ans et, pour vivre, elle nettoie des maisons auxquelles elle s'amuse à donner des noms romanesques : la Maison du Clown, la Maison Porno, la Maison Triste, la Maison de la Femme qui entasse... À la fin, sa fille a sept ans et s'apprête à lui sauter au cou pour la féliciter : Stephanie va recevoir son diplôme de création littéraire de l'université de Missoula. Montana. Entre les deux, Stephanie a briqué, balayé, frotté, rangé, et vu l'envers du décor de l'Amérique triomphante. Elle a aspiré la poussière chez les autres, et aspiré à devenir quelqu'un d'autre.
    Elle raconte.

  • Alors âgée de 26 ans, Shiori Ito est journaliste. Un soir, elle rejoint Noriyuki Yamaguchi - biographe du premier ministre Shinzo Abe - au restaurant pour un dîner d'affaires. Quelques heures plus tard, elle se réveille dans une chambre d'hôtel, en train de se faire violer. Commence alors un véritable parcours du combattant. Son obstination finit pourtant par payer, et la justice inculpe le violeur. Mais un coup de théâtre vient tout remettre en cause : l'arrestation est annulée après un appel téléphonique du chef de la brigade criminelle, proche du premier ministre. La justice prononce finalement un non-lieu. #MeToo est devenu #WeToo dans un Japon où la prise de parole individuelle, à visage découvert, est synonyme pour les femmes de véritable suicide social.

    Shiori Ito est journaliste et réalisatrice de documentaires. "La Boîte Noire", son livre témoignage dénonçant les violences sexuelles au Japon en enquêtant sur son propre viol, reçoit en 2018 le Best Journalism Award. La presse internationale lui a consacré de nombreux articles et interviews, en particulier le documentaire de la BBC "Japan Secret Shame" diffusé au printemps 2018. Shiori Ito sera présente en France pour la promotion de "La Boîte Noire" la semaine du 13 au 17 mai 2019.

  • Un soir de printemps, après avoir quitté le diner dont il est propriétaire, Driss Guerraoui, un Américain d'origine marocaine, est brutalement renversé par une voiture et meurt sur le coup. Le chauffeur du véhicule, lui, prend la fuite.
    La nouvelle de sa disparition est un choc pour sa famille, et ravive des blessures et des questionnements que tous auraient préféré laisser derrière eux. Cette mort est-elle un tragique accident de la route, ou faut-il y voir la marque d'un crime raciste ? Car si les Guerraoui sont l'exemple type d'une immigration réussie, la société américaine n'en a peut-être pas fini avec le rejet de l'autre. Nora, la fille cadette de Driss, en est persuadée.
    Sur fond d'enquête, plusieurs personnages prennent la parole à tour de rôle pour raconter leur histoire. Ces voix s'unissent et se contredisent pour relater leur quotidien dans l'Amérique d'aujourd'hui, et font de la petite ville de Californie où se déroule ce roman le théâtre de ses tensions identitaires les plus enfouies.

  • "Presque toutes les femmes se sentent physiquement oppressées. Je parle du surpoids parce que je suis grosse, mais le poids n'est que le prolongement des pressions permanentes que nous subissons. Je ne connais aucune femme qui ne se soit jamais demandé si son cul ou ses seins étaient de la bonne forme, de la bonne taille. J'ai même des copines qui complexent à cause de la couleur de leurs mamelons... Je suis capable d'entendre qu'il y ait une norme médicale, mais je trouve insensé qu'on fasse converger les courbes de l'IMC avec les critères de beauté. D'où vient cette idée débile ?"

    Dans On ne naît pas grosse, Gabrielle Deydier se réapproprie son corps en menant une double investigation. D'un côté, elle retrace son histoire personnelle et révèle ses propres tabous. D'un autre, elle enquête sur le traitement que le chirurgien, l'employeur et l'internaute lambda réservent aujourd'hui aux personnes obèses. Fondatrice du webzine culturel Ginette Le Mag, elle signe ici son premier livre.

  • Gioconda

    Nikos Kokantzis

    Nìkos, un adolescent, et Gioconda, une jeune fille juive, s'aiment d'un amour absolu jusqu'à la déportation de celle-ci à Auschwitz, en 1943. Un récit lumineux d'une initiation amoureuse, vibrant de naturel et de sensualité malgré la haine et la mort.

  • Défenseur de la cause kurde depuis longtemps, l'écrivain Olivier Weber, ancien reporter de guerre, s'est à nouveau rendu sur le terrain à la rencontre de ces militants de la liberté et des peshmergas, « les combattants de la mort ». En Syrie et en Irak, il a vu des partisans et partisanes, prompts à se battre encore, dans l'attente de l'aide internationale ou de volontaires comme lors de la guerre d'Espagne. Désireux de bâtir un Moyen-Orient en paix. Impatients de reconstruire la mémoire de la Mésopotamie. Fiers de montrer leur expérience démocratique avec le respect des minorités, l'égalité entre hommes et femmes, un modèle de société qui représente un véritable laboratoire des droits de l'homme au Moyen-Orient.

    Olivier Weber est écrivain, auteur notamment de L'Enchantement du monde, La Confession de Massoud, Le Barbaresque et L'Arrière-pays. Ses romans et essais ont remporté plusieurs prix, notamment le Prix Joseph Kessel, le Prix du Livre Européen et Méditerranéen, le Prix de l'Aventure, le Prix Albert Londres et le Prix des Romancières.

  • Coupable

    Reginald Dwayne Betts

    Deux millions deux cents mille prisonniers aux États-Unis. Cinquante mille enfants derrière les barreaux traduits en justice devant des tribunaux pour adultes. Trente-deux mille mineurs incarcérés chaque année dans des prisons adultes. Ce sont seulement des chiffres, ni des noms ni des visages. Pourtant, de temps en temps, un héros s'extrait du monde froid des statistiques pour montrer sa tête et crier haut et fort son patronyme : c'est l'exploit qu'a réalisé Reginald Dwayne Betts. Condamné à l'âge de seize ans à en passer huit dans les quartiers de haute sécurité pour un crime dont il était coupable. Trente minutes ont suffi pour anéantir l'avenir de cet adolescent, pauvre mais brillant et scolarisé. Le besoin de témoigner de sa propre histoire et de dire l'impact de la prison et du regret lui inspire des ghazals - ces poèmes arabes tout à la fois chants d'amour et cris de désespoir - où le mot prison est maintes fois répété mais aussi les silences et le vide persistant entre les hommes et les chiffres et les lois. Nombreux sont les poètes sauvés par leur vocation. Reginald Dwayne Betts a lui été sauvé du rouleau compresseur des statistiques qui broie en masse des milliers de mineurs - principalement noirs - dans un système carcéral industrialisé.

  • « Mais justement, s'il est question de mort, parlons de la vie : c'est urgent. » En 1958, Jacques Lusseyran s'installe en Virginie pour y devenir enseignant. Là, il convoque ses souvenirs, de sa déportation en 1944 à Buchenwald au présent américain.
    Dans la continuité chronologique d'Et la lumière fût (réédité avec succès par Le Félin en 2008), Jacques Lusseyran poursuit le récit de son existence, en élargissant toutefois l'expérience personnelle à une pensée plus vaste et forgée au fil d'un noble empirisme. Les thèmes évoqués vont du silence, à la poésie, en passant par la mémoire, l'enseignement et l'auditoire ou encore la notion de liberté intérieure.
    Comme une succession de longs aphorismes, les chapitres et la langue sont précis, faits de généreuses apostrophes au lecteur - une invitation à contempler la simplicité.
    Le monde commence aujourd'hui demeure une somptueuse leçon de résilience et un chant d'amour à la vie, dont la quête a lieu partout, tout le temps, du vestibule de l'enfer aux immensités américaines.

  • C'est l'un des derniers compagnons de la Libération qui témoigne dans cet ouvrage. « Je vais avoir besoin de vous », dit simplement le général de Gaulle au jeune Hubert Germain lorsque celui-ci arrive en Angleterre en juin 1940, parmi les premiers Français libres. Hubert Germain a 19 ans, sera chevalier de la Légion d'Honneur à 21, Compagnon de la Libération deux ans plus tard : « Quand vous êtes reçu comme Compagnon, c'est comme si la foudre vous tombait dessus » résume-t-il. Légionnaire de la mythique 13e DBLE, Hubert Germain combat à Bir Hakeim, El Alamein, en Italie où il est blessé, puis durant toute la campagne de libération de la France. Il sera aussi maire, député puis ministre de Georges Pompidou. « Vous m'emmerdez avec Germain ! », rétorque le général de Gaulle alors qu'on le presse, vingt ans plus tard, d'écouter celui qu'on a envoyé rencontrer les émissaires des généraux putschistes d'Alger. Hubert Germain pardonne tout à celui qu'il considère comme son deuxième père. À cent ans, Hubert Germain n'a jamais cessé de résister. « Quand le dernier d'entre nous sera mort, la flamme s'éteindra. Mais il restera toujours des braises. Et il faut aujourd'hui en France des braises ardentes ! » C'est le message que veut laisser Hubert Germain dans ce témoignage inédit, recueilli par Marc Leroy. Le siècle y défile, de l'inacceptable défaite de 1940 pour ce fils d'officier supérieur, à la mort du général de Gaulle - « l'enterrement d'un grand prince médiéval d'occident » - jusqu'aux épreuves vécues par la France aujourd'hui.

  • Le 4 septembre 1866, au Texas, la petite Bianca Babb, âgée de 10 ans, était enlevée avec son grand frère Dot par une bande d'Indiens Comanches. Adoptée par une jeune veuve, elle restera pendant sept mois auprès de sa « mère squaw ». Près de soixante ans plus tard, dans les années 1920, elle décida de mettre en ordre la mémoire de cette expérience fondatrice de son existence. Mélange de cauchemars et de rêves d'enfant, les souvenirs que la vieille dame rapporte de la petite fille qu'elle a été au coeur d'un campement comanche - le travail exténuant, les terreurs enfantines, la faim tenaillante, mais aussi les joies, les jeux et les peines - plongent le lecteur dans l'ordinaire d'un monde révolu qui était en train de disparaître. Il existe des centaines de récits de captivité chez les Indiens ; aucun ne possède la vigueur évocatrice de celui de Bianca Babb. « Mon nom est Madame J. D. Bell, de Denton, au Texas. Avant mon mariage, je m'appelais Bianca Babb, fille de J. S. et Isabel Babb, des pionniers du Texas. À l'époque de ma capture par les Indiens Comanches, j'étais une petite fille âgée de neuf étés, et je vivais avec mes parents dans un ranch situé sur la Dry Creek, à environ vingt kilomètres à l'ouest de Decatur, Wise County, Texas. Mon histoire commence véritablement à la fin des années 1860, aux temps anciens du Territoire indien, quand les bisons parcouraient les prairies de l'Ouest du Texas par milliers et qu'il y avait encore quantité d'antilopes et de daims. »

  • Ce livre n'est pas un conte de fées, même s'il y ressemble. Il ne parle pas de chance, ni de miracles ou de hasard. Il parle de destin, du mien mais aussi du vôtre. J'ai écrit ce livre parce que je suis convaincue au plus profond de moi que nous sommes les acteurs de notre vie. Nos pensées et nos choix jouent un rôle essentiel et influent sur celle-ci. Sauf que vous ne le savez pas encore...

     

    Je voudrais vous raconter d'où je suis partie et vous montrer que vous pouvez y arriver, et ce, peu importe où vous êtes à ce moment précis, peu importent votre âge et votre situation. Aucun obstacle ne peut vous arrêter, à part ceux que vous vous créez.

     

    Ça paraît plus simple à dire qu'à faire, je vous l'accorde. Mais non, vous ne vous êtes pas trompé de livre. Il existe bien une technique pour changer de vie et elle est à la portée de tous. Si vous êtes arrivé jusqu'ici, ce n'est pas un hasard et je vais vous dire comment faire.

     

    Car ce n'est que le début, le premier jour de votre nouvelle vie.

  • 1878, dans les Pyrénées. Angélina, la fille d'un cordonnier, n'a qu'une ambition depuis qu'elle est petite : devenir sage-femme comme sa mère, morte tragiquement. Abandonnée par son amant, la jeune fille se résigne à confier l'enfant qu'elle a eu de lui à une nourrice afin de pouvoir devenir élève sage-femme à l'hôtel-Dieu Saint-Jacques de Toulouse.
    Dans cet établissement réputé, elle rencontre un médecin obstétricien dont elle devient la femme. Mais sa belle-famille la regarde de haut et Angélina, malgré l'aisance matérielle dont elle jouit, comprend qu'elle n'est pas faite pour la vie mondaine.
    Elle décide de reprendre sa liberté et part s'installer dans sa région natale pour exercer enfin son métier...
    Avec ce sens du suspense et de l'émotion qui font de ses romans des moments de lecture inoubliables, Marie-Bernadette Dupuy nous entraîne sur le chemin semé d'épreuves, de joies, de sacrifices, d'une femme généreuse prête à tous les combats pour que s'accomplisse son rêve...

    1 autre édition :

  • Les secrets de naissance d'une sage-femme passionnée.
    Après des études à Toulouse, Angélina, la fille d'un cordonnier, s'est installée en tant que sage-femme dans la maison familiale, à Saint-Lizier, dans l'Ariège. L'exercice de son métier est difficile dans les campagnes en cette fin de XIXe siècle. Accaparée par son travail, elle peut compter sur sa protectrice, Gersande de Besnac, pour s'occuper de son fils Henri qu'elle élève seule. Grâce à ses compétences et à sa disponibilité, sa réputation ne cesse de grandir. Son bonheur serait complet si elle ne désespérait de revoir un jour Luigi, un bohémien dont elle s'est éprise et qui s'est réfugié en Espagne pour fuir de fausses accusations de meurtre. Au lieu du ténébreux gitan, dont la naissance s'entoure de mystère, c'est Guilhem, le premier amour d'Angélina et le père d'Henri, qui revient au pays. Il est accompagné de son épouse légitime, mais semble n'avoir rien oublié de ses sentiments pour la sage-femme...Avec son incomparable talent pour les sagas fertiles en coups de théâtre, aux personnages plus attachants les uns que les autres, Marie-Bernadette Dupuy nous embarque une fois encore dans un tourbillon d'aventures et de passions.

    1 autre édition :

  • Voici le journal de bord de la conscription dans l'armée israélienne... d'une fille ! Car là-bas, même les filles doivent faire leur service.
    Nous sommes en 1988-1990, à l'époque de la première Intifada, et Valérie découvre un monde inconnu, son ambiance particulière, ses codes, ses secrets, ses camaraderies, sa drôle de façon de faire mûrir les bachelières férues de grands auteurs humanistes. Les soldats en Israël, « personne ne les regarde en particulier parce qu'il y en a trop, parce que c'est normal et que tout le monde est habitué, tout le monde a été, est ou sera un jour à l'armée. »

  • Le 21 août 1831, en Virginie, des esclaves prennent les armes contre leurs maîtres blancs. Sus aux esclavagistes ! En deux jours, ils vont de plantations en plantations et assassinent de sang froid hommes, femmes et enfants. L'instigateur du massacre est arrêté. Il se nomme Nat Turner. Emprisonné, il reçoit la visite de l'avocat Thomas R. Gray et lui raconte la ferveur religieuse qui a motivé son "oeuvre de mort". Depuis son enfance, Nat a l'étoffe d'un prophète : l'Esprit lui parle, lui envoie des signes et, bientôt, lui confie une mission. Il décrit, impassible et troublant, les préparatifs, la fuite, les morts et la soif de violence. Insurgé ou fanatique ? Libérateur ou illuminé criminel ? Après son exécution en novembre 1831, Thomas R. Gray publie le récit qu'il a recueilli sous le titre de Confessions de Nat Turner. Au-delà de la "littérature de potence", c'est un document historique incontournable : pour éviter d'autres rebellions, les États du Sud durciront la législation sur l'esclavage qui mènera à la guerre de Sécession... Ce texte, l'un des premiers à faire entendre une voix noire, éclaire aujourd'hui la place de ce personnage dans l'histoire des États-Unis et de la culture afro-américaine. En 1967, l'adaptation littéraire de ce témoignage par William Styron lançait une polémique. Cinquante ans plus tard, l'histoire de Nat Turner devient un film, The Birth of a Nation, qui sortira en janvier 2017. À l'époque des émeutes de Ferguson et du mouvement Black Lives Matter, ces Confessions restent d'une actualité radicale.

  • David Carr, journaliste au New York Times, cocaïnomane pendant plus de vingt ans, prend conscience que ses souvenirs de cette période ont été altérés par la drogue : certains sont flous - d'autres erronés. Pour se réapproprier ce passé qui lui échappe, il décide de faire de sa propre vie son prochain sujet d'investigation. Commence alors une enquête de trois ans au service de laquelle il met toute son expertise de grand reporter, accumulant plus de 60 témoignages de proches, policiers, médecins et avocats, réalisant des heures d'entretiens filmés. Son livre est le récit de cette histoire vraie : à la fois un témoignage captivant sur les paradis artificiels, une enquête de fond sur le trafic de stupéfiants, et une recherche du temps perdu, aux confins de la mémoire et de la folie.

  • Anus mundi, l'anus du monde : un médecin SS avait ainsi qualifié le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz. Un homme a vécu là durant cinq années et raconte ce qu'il a vu. Arrivé avec les 728 premiers déportés politiques polonais le 14 juin 1940, Wieslaw Kielar (1919-1980) sera à la fois le témoin et la victime des punitions arbitraires qui rythment la vie du camp. Il détaille la terrible hiérarchie installée par les nazis entre les prisonniers, le développement du camp, les nouveaux arrivants, la routine des exécutions qui vont s'accélérer durant la dernière année de sa détention. Tout est décrit aussi objectivement que possible. Son témoignage a la précision d'une mémoire qui a été marquée au fer rouge de l'horreur et qui ne peut oublier ni les potences, ni les coups, ni l'entassement des morts, ni les SS, ni « l'organisation », c'est-à-dire la vie quotidienne dans l'enfer. La vérité modeste qu'il transmet fait de son récit un document irremplaçable pour l'Histoire. Il nous est parvenu au moment où de nouvelles générations ignorantes des faits qu'il rapporte ont pu douter de leur réalité, tant ils sont incroyables. Le général Eisenhower l'avait prévu en termes crus : « Écrivez, photographiez, filmez » avait-il dit aux journalistes présents lors de la libération des camps de concentration : « Dans cinquante ans il se trouvera des bâtards pour dire que tout ceci n'a jamais existé ! » Qui aura suivi « la lente descente de Kielar dans les ténèbres concentrationnaires » ne pourra toutefois plus oublier.

  • Ils sont neuf officiers de la Légion étrangère à avoir pris la plume pour raconter la dernière décennie de combat de cette unité de légende. Pour la première fois, le lecteur accompagne les hommes au képi blanc en Afghanistan, en Guyane, en République centrafricaine, au Mali. « Monsieur légionnaire » était partout où la France a décidé de se battre. De l'entraînement aux combats les plus âpres, c'est le quotidien de ces hommes venus du monde entier pour servir une autre patrie que la leur qui est retracé ici, au plus près du terrain. Durant ces dix dernières années, certains d'entre eux ont eu rendez-vous avec la mort. Ils venaient du Népal, de Serbie, d'Afrique du Sud, de Slovaquie souvent avec une certaine idée de la France mais surtout attirés par le mythe de cette troupe unique au monde, sa devise - honneur et fidélité - et aussi le « baroud » que célèbre leur chant « La lune est claire ». C'est à eux que leurs camarades légionnaires ont voulu rendre hommage en écrivant ce livre.

  • "A douze ans, je perds toute ma famille en quelques semaines. Mon grand frère, parti seul à pied vers notre maison de Phnom Penh. Mon beau-frère médecin, exécuté au bord de la route. Mon père, qui décide de ne plus s'alimenter. Ma mère, qui s'allonge à l'hôpital de Mong, dans le lit où vient de mourir une de ses filles. Mes nièces et mes neveux. Tous emportés par la cruauté et la folie khmère rouge. J'étais sans famille. J'étais sans nom. J'étais sans visage. Ainsi je suis resté vivant, car je n'étais plus rien."Trente ans après la fin du régime de Pol Pot, qui fit 1.7 millions de morts, l'enfant est devenu un cinéaste réputé. Il décide de questionner un des grands responsables de ce génocide : Duch, qui n'est ni un homme banal ni un démon, mais un organisateur éduqué, un bourreau qui parle, oublie, ment, explique, travaille sa légende.L'élimination est le récit de cette confrontation hors du commun. Un grand livre sur notre histoire, sur la question du mal, dans la lignée de Si c'est un homme de Primo Levi, et de La nuit d'Elie Wiesel.

  • Août 2003. Une crise sanitaire sans précédent s'abat sur la France. La raison? Il fait trop chaud. Des milliers de personnes âgées meurent d'hyperthermie dans l'indifférence. Malgré les signaux d'alarme, le gouvernement ne prend pas la mesure du désastre dans le huis clos des hôpitaux. Jean Stern, journaliste, est alors opéré à Tenon, dans le XXe arrondissement de Paris. Dans un récit intime et halluciné, il raconte de l'intérieur la réalité dramatique de ces petites vieilles et petits vieux fauchés par l'hécatombe. Ce cri d'alerte sur l'hôpital et ses personnels soignants, déterminés autant que démunis, résonne avec la nouvelle crise sanitaire que nous subissons aujourd'hui.

    Jean Stern a publié Les Patrons de la presse nationale, tous mauvais (La Fabrique, 2012) et Mirage gay à Tel Aviv (Libertalia, 2017). Il collabore au site Orient XXI à La Chronique d'Amnesty International.

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